Avare est synonyme de pingre, radin…un des 7 péchés capitaux. L’avare, la dernière pièce de théâtre classique que j’ai vu. Avant j’avais déjà vu, Hamlet, La vie est un songe, Dom Juan, Je me souviens etc… Ça faisait longtemps que je n’avais pas vu une pièce classique parce qu’entre temps je menais une vie d’étudiante et ce n’était pas au centre de mes préoccupations.
Harpagon est un personnage riche et avare, il a une fille Elise amoureuse de Valère qui est l’intendant du père et Cléante qui souhaite épouser Mariane. Harpagon a peur qu’on lui vole une cassette contenant dix milles écus d’or qu’il a dissimulé dans le jardin. Il est méfiant même à l’égard de ses enfants. Il nous fait part de ses plans, il promet Elise à un vielliard Anselme qui ne demande pas de dot et lui de son côté va épouser Mariane.[...] Je ne vais pas tout vous raconter, c’est un classique, tu as du l’étudier au collège ou au lycée.
Bon alors, on entre dans le théâtre, quelques chaises sur la scène où certaines personnes du public peuvent s’installer. Surprenant, c’est bien la première fois que je vois ce genre de mise en scène. Tout au long de la pièce le public fait partie intégrante de la pièce, on y participe. Le dispositif est minimaliste, pas de costume classique, les comédiens sont normalement habillés, pas de décor (enfin presque). Une pièce classique avec une mise en scène moderne qui peut être jouer hors théâtre avec ce procédé. Le texte reste fidèle même si il est entrecoupé par d’autres paroles faisant référence à la situation d’aujourd’hui par rapport à l’argent.
Je n’avais rien lu avant d’aller voir la pièce, je pensais voir un classique avec de vrais costumes, avec les entrées et sorties de scène, un beau décor, et finalement cette mise en scène moderne et minimaliste je l’ai aimé, j’ai été dedans, captivée du début à la fin. Je me demande si je suis objective, j’ai toujours aimé le théâtre. Je me déplacerai plus pour aller au théâtre que pour aller au cinéma (je préfère regarder un film dans mon lit). Et pour la petite anecdote, enfant on me laisser devant une pièce quand c’était diffuser à la télé, pour que je sois tranquille. Le théâtre j’adore ! Voilà quelque chose à savoir sur moi que je n’ai jamais partagé avec vivacité, peut-être que ça surprendra certains. D’ailleurs, en décembre est prévu ‘Le malade imaginaire’ toujours mis en scène par Alexis Moati et Pierre Laneyrie avant ‘L’avare’, je crois que c’est le même concept pour la mise en scène, je mettrai tout en oeuvre pour faire partie du public mais sur la scène, ça doit être une autre perception.
Il faut que je me regarde le film aussi avec Louis de Funès.
Le monologue que j’aime bien et qui montre bien le desarroi d’Harpagon et le personnage qu’il est. Moi ça me fait rire : Molière, L’Avare, acte IV, scène 7
Harpagon (Il crie au voleur dès le jardin, et vient sans chapeau.) : Au voleur ! Au voleur ! A l’assassin ! Au meurtrier ! Justice, juste ciel ! Je suis perdu, je suis assassiné, on m’a coupé la gorge, on m’a dérobé mon argent. Qui peut-ce être ? Qu’est-il devenu ? Où est-il ? Où se cache-t-il ? Que ferai-je pour le trouver ? Où courir ? Où ne pas courir ? N’est-il point là ? N’est-il point ici ? Qui est-ce ? Arrête. Rends-moi mon argent, coquin… (il se prend lui-même le bras.) Ah ! C’est moi. Mon esprit est troublé, et j’ignore où je suis, qui je suis, et ce que je fais. Hélas ! Mon pauvre argent, mon pauvre argent, mon cher ami ! On m’a privé de toi ; et puisque tu m’ es enlevé, j’ ai perdu mon support, ma consolation, ma joie ; tout est fini pour moi, et je n’ ai plus que faire au monde : sans toi, il m’est impossible de vivre. C’en est fait, je n’en puis plus ; je me meurs, je suis mort, je suis enterré. N’ y a-t-il personne qui veuille me ressusciter, en me rendant mon cher argent, ou en m’apprenant qui l’a pris ? Euh ? Que dites-vous ? Ce n’est personne. Il faut, qui que ce soit qui ait fait le coup, qu’avec beaucoup de soin on ait épié l’heure ; et l’on a choisi justement le temps que je parlois à mon traître de fils. Sortons. Je veux aller querir la justice, et faire donner la question à toute la maison : à servantes, à valets, à fils, à fille, et à moi aussi. Que de gens assemblés ! Je ne jette mes regards sur personne qui ne me donne des soupçons, et tout me semble mon voleur. Eh ! De quoi est-ce qu’on parle là ? De celui qui m’a dérobé ? Quel bruit fait-on là-haut ? Est-ce mon voleur qui y est ? De grâce, si l’on sait des nouvelles de mon voleur, je supplie que l’on m’en dise. N’est-il point caché là parmi vous ? Ils me regardent tous, et se mettent à rire. Vous verrez qu’ils ont part sans doute au vol que l’on m’a fait. Allons vite, des commissaires, des archers, des prévôts, des juges, des gênes, des potences et des bourreaux. Je veux faire pendre tout le monde ; et si je ne retrouve mon argent, je me pendrai moi-même après.